Luciana La Marca Artiste Peintre côté AKOUN
Luciana La MarcaArtiste Peintre côté AKOUN

Dossier de Presse

 

Luciana La Marca

l’émotion est dans le regard

Certains artistes abordent la peinture à partir de leurs expériences intimes. Paralysé par l’angoisse Munch aperçoit au soleil couchant « des langues de feu au dessus du fjord bleu-noir de la ville ». C’est ainsi qu’il peint et décline en plusieurs toiles son célèbre « Cri ». D’autres comme Cézanne peignent à partir de la réalité soumise à l’exigence de la peinture. Il voulait faire rentrer la Sainte Victoire dans son tableau. Il la voyait convexe « regardez, elle fuit de son centre» écrivit-il au poète et critique d’art Joachim Gasquet.

Luciana La Marca peint ses paysages à travers son intériorité mais pour elle, la réalité semble se concentrer surtout dans l’attitude, le visage et le regard de l’être humain. Elle s’en inspire émerveillée. Elle la peint parce elle en est émue.

Ses personnages semblent surpris dans des postures qui leur sont familières. L’aquarelle lui permet d’aller vite, de les surprendre. Toute son attention se concentre dans la soudaineté d’une situation. Elle aurait pu faire de la photographie mais le contact avec le papier est plus magique encore. A travers la matérialité délicate du fusain granuleux, l’artiste laisse des traces sensuelles et vivantes. De légers repentirs cernent le modèle dégageant le mouvement et précisant sa position. La liquidité de l’aquarelle le baigne dans une lumière douce, à peine teintée et subtilement tactile. La petite tête ronde d’un enfant, tel un angelot baroque repose sur ses bras enlacés prenant appui sur une table à peine esquissée.

C’est avec ce même regard plein de tendresse qu’elle restitue dans la série de ses petites ballerines, leurs positions gracieuses, leurs jambes incurvées, leur bras en position alors qu’une lueur de timidité envahit le visage de la petite « Raphaëlle en bleu ». Une très jeune ballerine peinte de dos étale son tutu. L’artiste décrit sa fine silhouette charmante.

L’intérêt de l’artiste pour l’instantané, le moment fugitif se traduit aussi dans la série des « Regards ». Elle les surprend tantôt joyeux, tristes, mûrs ou déterminés, des regards que l’on n’oublie pas. Comme Delacroix en Afrique du Nord, elle fait des croquis de voyage. « La beauté court les rues…je suis comme dans un rêve, » écrit-il. A l’instar du peintre romantique, elle retient des moments de la vie quotidienne. La démarche mutine d’une jeune fille de dos avec son pardessus extravagant et rouge, la cueillette de bananes… Une belle demoiselle arrêtée devant un étal semble croquée à son insu. La manière de vivre, la beauté de ces jeunes femmes sveltes, agiles aux chapeaux pointus font revivre poétiquement et simplement l’atmosphère exotique à laquelle elles appartiennent. L’artiste prélève ces moments en suspens avec une grande sensibilité et avec une économie de moyens.

Ses paysages relèvent d’une toute autre démarche. Le motif devient un prétexte laissant se déployer librement sa subjectivité. Les couleurs s’assombrissent, ou bien s’enflamment, les traits s’adaptent à son état d’âme. Son univers devient dramatique, mystérieux et expressionniste. Des chemins bordés d’arbres dont les couronnes forment des voutes, des architectures telles les portes ouvertes d’une cathédrale. Il s’ouvrent vers l’inconnu et protègent ses personnages qui, comme dans la peinture romantique paraissent minuscules. Elle les décline à travers un philtre intérieur (Paysage hivernal). Les contours disparaissent presque. Juste quelques signes suggestifs, des traits discontinus, des traits serpentins et courts, des traces colorées lui suffisent pour réveiller le motif. (Venise 2014, la série des nénuphars, Népal). Des paysages, des circonstances, des ruelles, des façades, des visages tendres, des traces de souvenirs : « Mon approche est assez personnelle. Emotionnelle. Affective. Mais parce que je suis ce que je suis » dit-elle.

Ileana Cornea, Paris, août 2015
Voyageur un Esprit d'Ailleurs - Honfleur
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